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Le Collier rouge

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte.

C’est le temps des livres commémoratifs de la guerre de 14-18. Il est encore des auteurs pour la glorifier, d’autres commencent, bien timidement, à la critiquer. Le collier rouge, nous ouvre une perspective différente très peu explorée.

En 1919, dans une petite ville du Berry, un jour d’été caniculaire, sur la place, un pauvre chien tout tordu, aboie jour et nuit face à la prison militaire où son maître est enfermé. Jacques Morlac, 28 ans est pourtant un « héros de la guerre », mais il est accusé d’un forfait impardonnable dont on ne connaîtra la nature qu’à la toute fin de l’ouvrage. Le juge militaire, Hugues Lantier, vient de la ville pour procéder à son interrogatoire.

Cela va durer des jours car le prévenu refuse de donner les raisons de son geste, de se justifier et fait preuve d’une absence totale de remords. Petit à petit, un fil ténu de compréhension mutuelle va s’établir entre les deux hommes en dépit de leur différence de classe sociale, car ils ont subi les mêmes atrocités durant quatre ans dans les tranchées. Le soldat en parle avec véhémence, dégoût et révolte, l’officier avec dignité et respect de son devoir patriotique.

Le chien Guillaume est en fait le pivot de cette histoire poignante, on pourrait presque dire l’instrument du destin. Le juge cherche par tous les moyens à comprendre pourquoi Morlac déteste cette bête. Il va tous les jours lui parler, le réconforter, le caresser comme s’il attendait qu’il lui dévoile ce que son maître s’obstine à taire. Son enquête va le conduire chez la compagne du prisonnier, fermière de condition modeste mais très cultivée qui élève seule leur petit garçon et accueille les réfugiés clandestins antimilitaristes. Elle non plus ne parlera pas des motivations profondes qui ont poussé son homme à commettre la pire des transgressions, aux yeux de tous les bien-pensants du village.

Lantier fait preuve d’une patience sans borne et finira par obtenir les aveux qu’il attend mais pas de repentir ni d’excuses. Il tentera de sauver cet homme ravagé par la guerre, fier, libre, naïf, comme tous les utopistes et « héroïque » à sa façon. Cette rencontre inouïe va ébranler les certitudes inaltérables de cet officier austère, raide dans son uniforme et rigoriste dans sa morale.

J.C. Rufin, signe là un de ses meilleurs romans, inspiré d’un incident réel, précise-t-il. C’est une apologie bouleversante du pacifiste, une interrogation profonde qui remet en cause les comportements si complexes des hommes dans les guerres.

Commentaire par Claudine

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame ...   Résumé du livre, ETF

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