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En attendant Bojangles

C’est le premier roman d’un jeune écrivain, paru en 2015, d’une originalité et d’une drôlerie étonnants.

Le narrateur est le petit garçon d’un couple un peu fou qui passe sa vie à danser, surtout sur leur morceau préféré, Mister Bojangles, une chanson de Nina Simone. Les deux parents se racontent des histoires qui n’ont ni queue ni tête et mettent de la fantaisie dans tout. Ainsi le père change chaque jour le prénom de sa femme, il fait des haltères en buvant du gin, ce qu’il appelle de la gym tonic, ils emmènent leur fils dans leur maison en Espagne quand l’envie leur en prend, quand les amandiers sont en fleurs. Toutes ces extravagances sont vues par les yeux émerveillés de l’enfant, subjugué par l’amour immense qui unit ses parents. Dans sa classe, il est obligé de mentir, s’il raconte sa vie, personne ne le croit, jusqu’au jour où on le retire complètement de l’école, pour une « retraite anticipée » « C’est une famille de cinglés » dit la maîtresse. Et encore, elle ne connaît pas Mlle Superfétatoire, grand oiseau exotique qui les accompagne partout.

Cette fête aurait pu durer longtemps, si la mère ne se mettait pas à dérailler. On est obligé de l’interner. Mais là encore elle transforme la vie de l’hôpital dans un tourbillon de gaîté et l’enfant noue des liens avec tous « les déménagés du ciboulot ».

A la longue, la séparation devient trop pénible pour le père et le fils et ils décident de l’enlever pour s’enfuir dans leur paradis espagnol. La folie de la mère se donne libre cours, avec des crises devant lesquelles l’entourage se sent impuissant. Les fous rires deviennent plus tristes et la nostalgie s’empare doucement du récit. La fin est encore plus inattendue qu’on pouvait le prévoir.

Ce roman est un hommage à la folie qui permet de réinventer le quotidien et à l’amour fou qui lie les personnages. Le témoignage du père qui écrit son journal donne de la profondeur à la fantaisie qui habite le livre et l’humour de l’auteur en fait un récit délicieux.

Commentaire par MALU

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. L’optimisme des comédies de Capra, allié à la fantaisie de L’Écume des jours.   Résumé du livre, ETF

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