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Un bon écrivain est un écrivain mort

Le titre de ce roman donne déjà le ton, humoristique, parodique, grinçant et désarmant. Dans cet ouvrage l'auteur mêle adroitement tous ces ingrédients et parodie une rentrée littéraire, tout en s’inspirant, en partie, pour la forme du roman culte d’Agatha Christie « Dix petits nègres ».

Voici l’intrigue : les dix auteurs les plus plébiscités sont conviés à un week end littéraire au monastère de Saorge, près de la frontière italienne, consacré aujourd’hui à des résidences d’artistes (dans lequel l’auteur a réellement séjourné).

Derrière les patronymes alambiqués, on reconnaît aisément les dix romanciers actuels très connus et les quelques journalistes spécialisés qui travaillent à la télévision, à la radio et commettent des critiques littéraires dans des revues ad hoc.

L’atmosphère est fantomatique à souhait, l’écriture gaie dans un style très enlevé qui rend bien le côté rocambolesque de la situation ainsi que les manies, les travers et les pensées fantasques de tous les personnages, dont l’auteur fait lui-même partie !

« Les portes sont fermées à clé, nos téléphones ne fonctionnent pas faute de réseau. Il fait un temps pourri -l’orage menace à nouveau- et les cinq hommes ont disparu. Tout comme cinq des figurines en bois qui trônaient sur cette table hier soir encore, à la manière du roman de qui vous savez. »

Autre clin d’œil : seuls les écrivains morts sont cités par leurs véritables noms…
Les rebondissements foisonnent tout en s’enchaînant logiquement.
Le lecteur est happé par l’intrigue et rit à chaque page. La fin est surprenante…
Et cerise sur le gâteau, Guillaume Chérel nous révèle, en deux pages à la fin du roman, sa « documentation et ses inspirations »…

« De toute façon, elle n’avait aucune envie de se mettre en couple avec une femme. Elle aurait trop l’impression de vivre avec une partie d’elle-même. Le masculin l’intriguait encore. C’était une autre planète. Plus chaude. Plus enveloppante. Des bras rassurants, c’était quand même quelque chose. Bien mieux qu’un châle en cachemire ».

Commentaire par ODILE

Un journaliste doit animer une conférence littéraire à Saorge, un ancien monastère franciscain transformé en résidence d’auteurs. Seront là Michel Ouzbek, Christine Légo, Amélie Latombe, Delphine Végane, Frédéric Belvédère… Une dizaine d’écrivains connus, plus quelques auteurs régionaux. Le tortillard est arrivé à l’heure, comme prévu. Tout était prévu, en fait : la rencontre devant un public ravi de voir des écrivains de best-sellers, le déroulé du débat sur la « véracité dans l’art d’écrire », le cocktail dînatoire puis la séance de dédicaces. Mais rien ne s’est passé selon le programme. Une fois au monastère, l’histoire a dérapé. Les écrivains connus ont disparu, les uns après les autres. C’est bien connu, un bon écrivain est un écrivain mort.   Résumé du livre, ETF

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