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Histoire du lion personne

Les animaux sont des énigmes et n’ont jamais été des sujets dans l’Histoire de France“. C’est pourquoi l’auteur, voulant rendre justice à cet animal que l’on dit “royal“, s’est inspiré des aventures épiques d’un véritable lion, transféré autrefois du Sénégal à la ménagerie royale de Versailles.
Il a imaginé qu’en 1786, un garçon de 13 ans, Yacine, qui s’en allait à pieds de son village, à travers la savane, vers St. Louis du Sénégal, trouva et adopta un lionceau orphelin.

Cet enfant, Intelligent et studieux, maîtrisait la lecture et l’écriture et le prêtre qui l’avait recueilli à la mort de ses parents l’envoya, muni d’une lettre de recommandation, pour le Gouverneur, M. Pelletan, pour parfaire son instruction. Cet homme, très bon et enjoué, était un original, pour son époque : anti esclavagiste, il offrait un toit à ses serviteurs noirs alors que chez les autres notables blancs “la valetaille dormait dehors”. De plus, il était homosexuel et vivait un amour clandestin, passionné et partagé avec Adal, un esclave qu’il avait affranchi.

Yacine se plut immédiatement en compagnie de ce maître libéral qui accepta d’emblée la présence du lionceau qu’ils appelèrent Personne. Il entra bientôt au service d’une “Signare“, une de ces femmes noires d’origines royales, qui dirigeaient d’immenses entreprises de commerce maritime. Hélas, son bonheur fut de courte durée car un an plus tard, il mourut de la variole. Personne sembla souffrir de son absence mais le hasard lui fit rencontrer un nouveau compagnon : un petit chiot nommé Hercule. Ils ne devaient plus se quitter pendant dix ans. Le lion grandissait, apprivoisé, débonnaire et affectueux mais devint très vite une source de terreur pour l’entourage de M. Pellettan. Après que la bête ait été victime d’une tentative anonyme d’empoisonnement, le Gouverneur, la mort dans l’âme, dut se résoudre à l’envoyer en France chez son ami Buffon, pour lui sauver la vie. La traversée fut un véritable calvaire pour le lion et le chien et ils débarquèrent au Havre, presque morts de faim et de soif, couverts de vermine et de plaies purulentes, à cause des mauvais traitements, infligés par le marin, pourtant payé d’avance, par le Gouverneur pour veiller sur eux.

Au Havre, ils furent accueillis et soignés par le jeune Jean Dubois, fervent naturaliste, successeur de son maître, Buffon qui fit de son mieux, avec amour et très peu d’argent, pour les guérir. Cependant, le peuple envahissait Versailles et Personne failli être lynché par les Révolutionnaires pour qui il était le symbole vivant de la paresse et de l’étalage de la richesse du ci-devant roi. Dubois réussit de justesse à les convaincre de l’utilité de l’épargner afin d’éduquer les enfants, en leur montrant un exemple de vie inutile à ne pas suivre.

Ce conte passionnant, jamais mièvre ni moralisateur, mêle avec habileté le romanesque et l’historique. L’auteur ne fait pas parler le lion, mais le rend vivant à travers les regards des humains, et l’amitié indéfectible qui le lie au chien. Leur sort était aussi peu enviable, en Afrique que celui des esclaves qui n’avaient aucun droit à la parole. L’action se situe bien sûr à une époque charnière, pour les hommes, mais aussi pour les animaux. Car dans le zoo du Jardin des plantes, en pleine création, où ils finiront leur vie, les bêtes seront enfin considérées comme des êtres vivants à part entière.

Commentaire par Claudine

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