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Rouge argile

Un roman plein de délicatesse, où le deuil oriente Rosa vers ses propres choix de vie, réveillant ses besoins d'appartenance et de liberté.

Rosa, 4O ans, mène depuis 25 ans une existence bourgeoise étriquée à Saint-Germain en Laye auprès de son mari, Antoine. Bonne épouse, bonne mère, maîtresse de maison accomplie, elle pense avoir « réussi ». Sa vie va basculer quand elle reçoit un télégramme du Maroc, dont elle est originaire, qui lui annonce la mort de son père adoptif Egon Baum dit « l’Allemand ». Elle part aussitôt pour Meknès afin de régler la succession de Sejâa une grande propriété agricole dont elle vient d’hériter. A peine débarquée de l’avion, elle est bouleversée par l’odeur des lauriers roses qui la replonge aussitôt dans un passé qu’elle croyait avoir oublié.

Shérifa et son mari Mouley, qui s’occupent de la maison depuis toujours, l’accueillent avec chaleur, mais Rosa ne parvient pas à se réhabituer à cette demeure où elle est née. Elle décide de la vendre, au grand désespoir de son ancienne « Nounou », terrorisée à l’idée d’être chassée. Au fil des jours pourtant, Rosa va se sentir à nouveau chez elle et prendre conscience de la futilité de sa vie en France et de l’échec de son mariage conventionnel, sans amour.

Elle trouve, dans le socle d’un immense cheval de bois qui trône dans le hall et dans lequel elle se cachait enfant, le journal d’Egon. Elle y découvre d’abord, les secrets qui ont perturbé la vie de sa propre mère, la belle et fragile Suzanne, morte très jeune. Puis elle remonte le temps avec les péripéties de l’errance de « l’Allemand » qui fuit de pays en pays pour échapper à la barbarie nazie. Il changera 3 fois de nationalité et s’établira au Maroc où le Roi accueillait et protégeait les Juifs. Finalement hébergé à Séjâa par Gabriel, le père de Rosa, résistant, qui mourra assassiné par des miliciens. Au fur et à mesure de sa lecture elle le « rencontre », le voit partout, lui parle et croit entendre ses réponses. Est-elle aveuglée par l’amour qu’elle lui portait ? Shérifa, elle aussi a le don de voir les morts et sait que s’il rôde, c’est à cause des Jnounes.
Désignation mystérieuse des esprits malveillants de l’au-delà. Elle l’oblige à se rendre à la mosquée où l’Imam, bien veillant, avait procédé à l’inhumation d’Egon, en présence d’un Rabin et d’un prêtre catholique. Il va susciter les aveux de la vieille femme, qui pourra enfin se laver d’une lourde culpabilité dont elle porte, à tort, le remords depuis 40 ans.

Cette belle histoire offre des échos de conte oriental. Le Maroc y est décrit avec amour et poésie. L’auteur nous fait toucher la chair de ce pays, ses légendes, ses croyances, la générosité de ses femmes chaleureuses et dévouées, mais non soumises, au cœur d’une nature luxuriante. Le récit couvre une longue période : de 1930 à 1979 et décrit ses évolutions bonnes ou mauvaises, à travers cette époque pacifique où les trois religions « du livre » vivaient fraternellement, en bonne intelligence. Un récit puissant, plein de nostalgie pour un monde perdu.

Commentaire par CLAUDINE

La maison familiale au Maroc, lieu de l'enfance et des souvenirs, elle n'y passait plus que des vacances... Rosa l'a quittée il y a vingt ans pour faire un beau mariage en métropole, au milieu des années cinquante, au moment où l'Histoire a changé la donne. Alors quand Egon, son second père, meurt, ce retour aux sources ne peut être que bouleversant. Chaque objet échangé avec sa vieille nourrice ou sa volubile marraine, réveille un nouveau fantôme. Face au passé, à ce deuil qui fait écho à d'autres deuils, à la transmission inattendue de secrets de famille, ce sont ses propres choix de vie qu'elle va comprendre peu à peu et remettre en question...   Résumé du livre, ETF

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