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Eugénie Grandet

Eugénie Grandet, un roman réaliste

L’écrivain-réalisateur Marc Dugain vient d’adapter à l’écran ce roman de Balzac. C’est l’occasion de le relire ou de le découvrir.

Tout le monde sait que, comme Harpagon, le père Grandet est le type même de l’avare. Il vit à Saumur, maître-tonnelier enrichi par ses bois, ses vignes et surtout son sens des affaires. Malgré une fortune colossale, il vit chichement dans une grande maison à peine entretenue et oblige sa femme, sa fille Eugénie et sa servante à économiser le moindre sou, rationnant les bougies et le sucre. Son avarice l’a rendu dur et tyrannique. Eugénie, jeune fille pure et naïve coule des jours monotones et sans joie, entre les messes et les travaux de couture. Seuls quelques notables viennent animer les soirées, attirés par sa dot, alors qu’elle-même ignore les richesses de son père.

La vie aurait pu continuer ainsi, si un jour un événement n’était venu perturber l’ordre établi. Le cousin Charles de Paris est envoyé à Saumur pour fuir la faillite qui menace son père. Il arrive, auréolé des séductions parisiennes, beau et coquet, et Eugénie tombe sous le charme. Quand elle voit Charles dévasté par l’annonce du suicide de son père, elle est envahie par la pitié et bientôt l’amour. De son côté le jeune homme est ému par sa fraîcheur et sa bonté. Quand il part pour les Indes afin de faire fortune et de laver son honneur, le couple se promet fidélité.

Pendant sept ans Eugénie va l’attendre, ressassant ses souvenirs de bonheur, sans jamais recevoir de nouvelles de lui, jusqu’au jour où il revient en France. On devine que dans un tel climat de tristesse, la fin ne peut être heureuse.

Tout est noir dans ce roman dominé par la figure de cet homme qui ne vit que pour son argent et que rien ne touche, pas même la vertu admirable de sa fille. Il va jusqu’à la maudire lorsqu’elle avoue avoir donné son or à son cousin.
A travers lui, Balzac décrit une société de province, étriquée et avide d’argent, pour laquelle une faillite est un déshonneur suprême.
A cette noirceur, Balzac opposé la force de l’amour. Quand Eugénie tombe amoureuse, elle s’épanouit et ose affronter son père. D’ailleurs c’est une idée forte du livre. Féministe avant l’heure, l’auteur plaint les femmes opprimées par l’autorité masculine. Marc Dugain insiste sur ce thème, mais il change la fin pour terminer sur une note d’espoir.
Eugénie Grandet est une œuvre relativement courte, vivante, aux accents modernes, loin d’être poussiéreuse ou démodée. Le réalisme de Balzac rend l’intrigue crédible et saisissant le portrait sans concession d’un homme méchant et odieux. Seuls les passages qui expliquent les opérations financières de Grandet sont fastidieuses à lire, le reste est passionnant et nous laisse une forte impression.

Commentaire par MALU

Dans la ville de Saumur vit modestement la famille Grandet : le père ex-tonnelier devenu richissime après de fructueuses spéculations, son épouse, sa fille Eugénie et Nanon la servante. Ces trois femmes vivent sous la terrible coupe du chef de famille, avaricieux maladif. Dans la ville, les beaux partis se disputent l'hypothétique main d'Eugénie dans l'espoir d'épouser la fortune. Mais le cousin d'Eugénie, un dandy parisien, débarque un soir, porteur d'une missive pour son oncle. Sans le savoir, il apporte la nouvelle du suicide de son père ruiné, demandant à son frère de s'occuper de son fils pour l'aider à partir faire fortune aux Indes. L’avaricieux vieillard va se heurter à la candeur et à la générosité d'Eugénie. Balzac a peint crûment, sans concession, les mœurs d'une époque qui n'est finalement pas si éloignée de la nôtre.   Résumé du livre, ETF

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