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Les os des filles

L’écrivaine s’explore elle-même dans ce troisième roman, à travers sa lignée maternelle, d’Hanoï à Paris, et retour.

C’est un roman autobiographique, paru en 2019, écrit par une jeune écrivaine.

Line Papin est née à Hanoï en 1995, d’une mère vietnamienne et d’un père français, passionnée par l’histoire du pays. Elle connaît une enfance très heureuse, élevée librement et choyée par sa grand-mère et sa nourrice. Elle gardera de sa ville natale le souvenir d’un paradis.

Hélas, en 2005, la terre s’effondre quand ses parents décident de partir pour la France et de s’installer à Tours, ville de sa famille paternelle. La petite fille de dix ans perd sa famille, ses amis, ses repères. Tandis que sa mère s’intègre parfaitement, elle se sent étrangère dans « cette maudite France froide », même si elle est bien entourée par ses cousines.

Mais ses parents déménagent à Paris et tout s’aggrave. Elle souffre encore plus de déracinement et de solitude, à tel point qu’elle perd le goût de vivre et se laisse mourir. Ses parents, désemparés, sont obligés de l’envoyer dans un hôpital où elle est soignée pour anorexie. Elle côtoie des jeunes qui « n’ont plus de sentiment, plus d’éclat de voix, qui sont anesthésiés ». Elle frôle la mort puis dans un sursaut, se force à vivre, soutenue par-là lecture et ses amies de lycée. Une fois guérie, elle retourne seule à Hanoï qui a bien changé. « Le passé est passé ». Mais elle aura besoin de faire régulièrement le voyage.

Ce roman est passionnant. A travers trois générations de femmes, on y découvre l’histoire et les coutumes d’un pays ravagé par les guerres. Et surtout il nous livre une étude poignante de l’anorexie, en nous décrivant une petite fille sensible et imaginative, arrachée à un pays qu’elle chérissait.

L’écriture est adaptée au récit. Les phrases sont hachées, coupées, les mots s’entrechoquent, comme des os, les os des morts qu’on conserve au Vietnam , ceux des femmes amaigries par des années de guerre et surtout ceux des anorexiques devenus des squelettes, mais des os qui continuent à se fortifier si on a le courage de lutter et d’écrire pour se réconcilier le passé et le présent, le continent de l’enfance et celui de la vie future où les enfants meurtris comme Line, deviennent des adultes.

Commentaire par MALU

« Après deux premiers romans fictionnels, je me suis trouvée face à la nécessité d’écrire un roman plus intime. L’écriture lyrique dont j’avais usé jusque-là laissa place soudain à une écriture plus directe, sans autre envie que celle de raconter la stricte vérité. Pourquoi ? Pour trouver, à travers la littérature, des réponses aux questions qui nous empêchent de vivre. Les Os des Filles est l’histoire de trois femmes : Ba, sa fille et sa petite-fille – ma grand-mère, ma mère et moi-même. Les Os des filles est un roman sur trois générations de femmes qui ont traversé trois combats : celui de la guerre, celui de l’exil et celui de la maladie. Comment les événements historiques influent-ils sur les relations personnelles ? Comment le lien affectif entre une fille et sa mère peut-il être brisé par une bombe, un avion ou bien un hôpital ? De quoi sont donc faits les os qui nous soutiennent ? En 2018, j’ai voulu revenir sur le récit de cette filiation maternelle brisée, afin de réparer avec l’écriture, peut-être, des choses irréparables. »   Résumé du livre, ETF
Line PAPIN
ECRIVAIN
BIO

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