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Mamie Luger

Loin d'être une " comédie de boulevard ", ce roman dramatique va s'appuyer sur l'humour décalé et un style désopilant, pour nous faire rire , certes , mais mettre " le doigt " sur des sujets extrêmement graves de notre société .

Ce roman policier nous parle d’une enquête policière mais surtout de Berthe, surnommée Mamie Luger , parce qu’elle en a un en sa possession qu’elle a volé à un Nazi ...
En garde à vue pour avoir tiré sur son voisin et canardé des flics, avec son Luger, l’enquête menée par l’inspecteur Ventura nous fait découvrir la vie amoureuse surprenante, tragique et explosive de cette femme qui, de confessions en confessions, avoue les raisons de toutes ces choses enterrées dans sa cave.

Sur un ton volontiers gouailleur et un franc parler fracassant, Berthe, dans une sarabande de révélations surprenantes, dévoile un long parcours de viols, d’amours désenchantés, de maltraitances, de mariages inadaptés et d’amour fou inattendu avec un GI noir. Le huit clos de la garde à vue nous fait découvrir une femme attachante, libre, anticonformiste, drôle, certains diront féministe, indignée par le patriarcat et la domination masculine, mais ce n’est pas ce que je dirais. Derrière la farce, se révèle le portrait d’une femme libre qui ne s’est pas soumise aux règles de la morale mais au protocole du bon sens.

Mamie Luger nous parle de ces hommes prédateurs ou simplement lâches qui ne respectent pas les femmes. Même si ses moyens radicaux ne sont pas des exemples à suivre, on ne peut qu’être d’accord avec cet engagement…

Benoit Philippon nous convie à une comédie désopilante. Mais tout le sel de ce roman noir ne se réduit pas à tueuse en série de cent deux ans, hilarante, irrespectueuse et mal embouchée.
Les dialogues sont truculents, drôles et caustiques à mi-chemin entre Dard, Blier et surtout Audiard (pas pour rien que l’inspecteur se nomme Ventura), portés par la verve et la verdeur de la centenaire.
Malgré tous ses crimes et grâce à ses 102 ans, nous ne pouvons qu’aimer Mamie Luger et l’applaudir. La tueuse en série est divertissante.

Commentaire par MARIE-PIERRE

Six heures du matin, Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures, l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger passe aux aveux et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave. Alors aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée mais il sent qu’il va falloir creuser. Et pas qu’un peu.   Résumé du livre, ETF
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