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Un monde à portée de main

Un roman fort, qui nous interroge sur la représentation du monde et sur la quête de vérité.

Après avoir obtenu son bac, Paula trainasse…Puis un jour, déterminée, elle annonce à ses parents : « Je vais apprendre les techniques du trompe l’œil, l’art de l’illusion » à l’Institut de la rue du Métal à Bruxelles. Là, elle se lie d’amitié avec Kate et partage une location avec Jonas. Puis, après leurs études, Paula et ses deux amis, Jonas et Kate, se lancent à l’assaut des chantiers dans toute l’Europe.

Maylis de Kerangal centre son roman autour de cette jeune femme Paula. Elle dépeint avec justesse et émotion son quotidien ainsi que les doutes et les joies de ces trois jeunes étudiants devenus artistes. La variété de leurs expériences cadence ce roman : nous les suivons à Paris, à Moscou, aux studios de Cinecitta, au facsimilé de la grotte de Lascaux où elle nous instruit sur l’art subtil du trompe-l’œil.

Bienvenue dans le monde du trompe l’œil !
« Le trompe l’œil est la rencontre d’une peinture et d’un regard, il est conçu pour un point de vue particulier et se définit par l’effet qu’il est sensé produire. »
On suit mot à mot la description des tons qu’ils vont utiliser, de leurs mélanges, de leurs coups de pinceau, et au-delà de leurs rêves.

J’ai retrouvé avec plaisir le talent intact de l’auteur de « Réparer les vivants » :
Sa passion du détail concret et sa fascination pour l’exploration minutieuse de terrains inconnus se retrouve ici : elle accumule une documentation exhaustive qu’elle essaime ensuite au fil des pages. Parfois un peu longue, comme ici pour les grottes de Lascaux.

Son écriture précise et cadencée qui énonce autant qu’elle suggère. Par son écriture très visuelle et précise, au plus près de la matière et de la technicité, l’auteure nous plonge parfaitement dans ce monde d’illusion, s’attachant au moindre détail. Ce roman se révèle très intéressant, extrêmement riche et pointilleux et nous fait découvrir, justement, l’envers du décor, nous montre ce que notre regard ne voit plus
Son style : le choix extrêmement précis des mots et leurs associations souvent si originales : « Les faussaires travaillent à creuser des trous dans la réalité, des passages, des tunnels, des galeries »

Commentaire par LUZAMARY

À vingt ans, Paula entre dans le prestigieux Institut de peinture de Bruxelles. Elle y apprend à copier les surfaces qui composent le monde, à donner l'illusion des matières vivantes. Les nuits blanches s'enchaînent, les sentiments tournoient. Des studios de cinéma de Cinecittà, à Rome, au fac-similé de la grotte de Lascaux, elle s'immerge dans le travail. Sous son pinceau, les images enchevêtrent le passé et le présent, le loin et le proche, la fiction et la vie. Si Paula veut comprendre le monde qu'elle peint, il lui faudra d'abord le saisir de ses mains.   Résumé du livre, ETF

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