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Et vous avez eu beau temps ?

Voulez-vous vivre un très agréable moment de lecture ? En soixante huit courtes rubriques inattendues, tant du côté de leurs sujets que du côté de leur écriture ?

Drôles, finement et élégamment drôles, qui nous font rire puis sourire à nos propres
dépens, grâce à la petite pointe acide que chacune d’elles comporte.

Les soixante huit titres sont, à première vue, d’une trivialité déconcertante puisqu’il
s’agit de petites phrases anodines, mais souvent « vinaigrées », très fréquemment
prononcées par tout le monde, moi y compris.

L’auteur en les analysant, les « travaille » à la façon d’un joailler, en guirlandes de
mots dont les plus « savants » sont sertis un à un au milieu des plus ordinaires.
Le lecteur les déguste et reconnaît souvent sans trop se l’avouer, ses propres
travers au détour des pages qui se succèdent sous le regard et la plume toujours
compatissants de l’écrivain envers ses semblables qu’il égratigne pourtant.

Alors si vous persistez dans votre désir de savourer un humble et total bonheur de
lecture, vous lirez :
« Et vous avez eu beau temps »
« la perfidie ordinaire des petites phrases »
de Philippe Delerm, éditions Seuil.

Quelques extraits :
« Il n’y a pas de tendresse sans inquiétude. Aimer, c’est avoir quelqu’un à
perdre, et c’est donc avoir peur. » Sido, la mère de la romancière Colette, laissait
une totale liberté à ses enfants, mais s’en inquiétait tout le temps. « Où sont les
enfants ? » se demandait-elle à longueur de journée. « La petite fille qui sait
bien tout cela, emporte au bord de ses étangs comme un supplément de joie
perverse et délicieuse. »

A propos des cyclistes en ville :
« On le sent bien dans ces cas-là : l’insolence à deux roues est une ivresse,
une sorte de défi triomphant lancés aux transis, aux rassis, aux vieillards,
aux enfants, à tous les bourgeois lents. »

Commentaire par ODILE

Est-on sûr de la bienveillance apparente qui entoure la traditionnelle question de fin d'été : " Et... vous avez eu beau temps ? " Surtout quand notre teint pâlichon trahit sans nul doute quinze jours de pluie à Gérardmer... Aux malotrus qui nous prennent de court avec leur " On peut peut-être se tutoyer ? ", qu'est-il permis de répondre vraiment ? À la ville comme au village, Philippe Delerm écoute et regarde la comédie humaine, pour glaner toutes ces petites phrases faussement ordinaires, et révéler ce qu'elles cachent de perfidie ou d'hypocrisie. Mais en y glissant également quelques-unes plus douces, Delerm laisse éclater son talent et sa drôlerie dans ce livre qui compte certainement parmi ses meilleurs.   Résumé du livre, ETF
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