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Le cri du goéland

Ancré dans les paysages sauvages de la Bretagne, Le Cri du goéland est un roman profond où il est question d'humanité, de pardon et de rédemption.

Paul Benalec vient d’être ordonné prêtre. Les bras et la tête appuyés sur son volant, face à la pointe du Raz, au bord des larmes, il tremble. Il s’apprête à prendre possession de sa première paroisse : Sabrenat, tout près de Concarneau dont il est originaire.

S’il a choisi de devenir prêtre, c’est pour expier un « crime ». Il était autrefois patron-pêcheur sur le « Fringant » et au cours d’une tempête, il avait refusé de remonter le chalut qui s’était accroché sur le fond, ligotant le bateau face à une vague scélérate qui avait englouti ses trois marins, dont son jeune frère. Désespéré, il s’était tiré une balle dans la tête qui lui a laissé une longue balafre sur le visage. Après avoir renoncé à son mariage avec Marie, il s’est s’enfermé 6 ans dans un monastère, en dépit d’une vocation incertaine.

Il arrive enfin au bistrot du village où le patron l’accueille fraîchement. Sa réputation l’a précédé, les rumeurs et les ragots vont déjà bon train. On se méfie de ce sacré gaillard aux larges épaules, au visage balafré, qui n’a pas l’allure d’un prêtre breton. Malgré les portables, la télé et internet, on reste accroché aux vieilles traditions. Le soir même, une tempête menace, les goélands tournent en criant au-dessus du village. Mauvais présage. La vieille aveugle dont tout le monde respecte les oracles dira : « Le diable est entré à l’église. Ça va faire du vilain ».

Sa seule alliée, Marthe Paulet, lui propose de s’occuper de son ménage. C’est une brave femme dont le fils a été abattu à Paris par la police après un braquage. Elle élève seule son petit- fils, Amauri, abandonné par sa mère. Caractériel, indomptable et cruel, il veut tuer tous les policiers pour venger son père.

Dès son premier sermon, Paul scandalise ses paroissiens en leur conseillant de prendre conscience des énormes bêtises proférées dans la Bible. Discours au vitriol assorti d’une menace de brûler les « idoles païennes » que sont les statues des Saints, qui lui vaudra une pétition de renvoi immédiat, adressée à l’Evêché.

Quand survient l’assassinat de M. Legyère, usurier, maître chanteur et coureur de jupons notoire, il se retrouvera en prison, victime d’une machination infâme liée au secret de la confession. Cette piètre peinture villageoise, bourrée de clichés et de situations plus qu’improbables, vire alors au roman policier, assez bien conçu mais plein de rebondissements totalement invraisemblables.

Persuadée de l’innocence de son ex fiancé, Marie, oubliant sa rancune, se lance, avec le commissaire Brunet, chargé de l’enquête, dans une chasse éperdue pour retrouver le véritable assassin. L’émouvant personnage d’Amauri, va peu à peu s’adoucir grâce à la sollicitude du prêtre et contribuera, lui aussi, à faire éclater la vérité.

Malgré tout, Gilbert Bordes se livre à une profonde réflexion sur le sens et les aléas de la vocation religieuse. On peut toutefois regretter ses excès et son parti pris bancal de dévoiler l’identité du meurtrier dans les toutes premières pages du récit, artifice bien connu des amateurs du fameux inspecteur Colombo.

Commentaire par CLAUDINE

Paul Benalec est prêtre. Cette vie, il l'a choisie pour expier une faute. Paul était marin pêcheur. Fiancé à Marie, il habitait un village entre Concarneau et la pointe du Raz. Son bateau a coulé un jour de grande tempête, emportant dans les flots glacés ses trois compagnons, dont son frère cadet. Seul rescapé du naufrage, en proie à une terrible culpabilité pour avoir refusé de remonter le chalut quand tout était encore possible, il a alors renoncé au mariage, à son métier de marin, et a intégré le séminaire… Quelques années plus tard, il est nommé prêtre dans la paroisse du village voisin. Dans la région, personne n'a oublié le drame, ni sa fiancée, ni sa mère, qui lui en veut toujours d'avoir entraîné son fils préféré dans la mort, ni la veuve d'un des disparus, qui cherche à se venger par tous les moyens. Seul Amaury, un enfant farouche et rejeté par tous, semble lui témoigner de l'estime et se réfugie régulièrement au presbytère, où il trouve du réconfort auprès du prêtre. Paul va-t-il enfin réussir à affronter les démons du passé, à vaincre sa peur viscérale de l'océan et, surtout, à apaiser sa conscience ?   Résumé du livre, ETF
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