• ACTUALITÉS
728 x 90

Le dernier hiver du Cid

Jérôme garcin qui a épousé Anne Marie la fille de Gérard Philipe, nous raconte en deux cents huit pages les six dernier mois, de cet éblouissant acteur.

« Percé jusqu’au fond du cœur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle »

Quand la Mort rencontre la Jeunesse, c’est toujours un scandale. C’est sur ce drame que s’est penché Jérôme Garcin, une fois de plus dans sa carrière d’écrivain, puisqu’il y a affronté celle de son jumeau enfant et de son père cavalier. Restant dans son orbite familial, il conte ici le combat de son beau père, contre l’arme la plus banale qu’est la maladie.

L’homme qu’elle a attaqué, diminué, abattu, était l’image de toutes les réussites, de tous les bonheurs. Jeune, 36 ans, beau, « et traînant tous les cœurs après soi », heureux dans son métier, son travail valorisant d’acteur et de comédien, dans sa vie privée et amoureuse, dans ses deux enfants adorés, dans son cercle d’amis attentifs et fidèles.

Dans l’histoire du spectacle cinématographique et plus encore du théâtre avec la grande aventure de Jean Vilar et d’Avignon, l’auteur s’est nourri des scènes les plus proches, vérifiées et vérifiables puisqu’il est devenu pour lui un « fils posthume » en épousant sa fille. On peut donc « le croire ».

L’évocation de cette carrière exceptionnelle mettant tous ces dons au service de l’incarnation de tant de personnages de notre culture et de nos rêves : en désordre : Le Cid en tête, Julien Sorel, Fabrice del Dongo, Fanfan la Tulipe, le lycéen du Diable au Corps ... etc. ranime des souvenirs qui s’enfoncent dans l’oubli des célébrités fugitives du spectacle.

Mais la description de ce dernier combat, non plus de cape et d’épée, mais de souffrance et d’humaine et naturelle défaite parle à ces générations de boomers d’hier comme à celle des adultes et des jeunes qui ne le connaissent plus guère.

Jérôme Garcin a fait de cet hommage filial une belle réussite humaine et littéraire.

Commentaire par DOMINIQUE

Il y a soixante ans, le 25 novembre 1959, disparaissait Gérard Philipe. Il avait trente-six ans. Juste avant sa mort, ignorant la gravité de son mal, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d'incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, le Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. C'est qu'il croyait avoir la vie devant lui. Du dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, semaine après semaine, jour après jour, l'acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d'un éternel jeune homme.   Résumé du livre, ETF
>