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Un jour je m’en irai sans avoir tout dit.

« Autant le dire tout de suite et sans fard. C’est l’accumulation de ces hasards, allant tous dans le même sens, se soutenant les uns les autres, évitant l’effondrement, se jouant des obstacles, des culs-de-sac, des contradictions, jonglant avec les échecs, collectionnant les succès, qui m’a poussé à écrire ce livre qui s’ouvre sur mon grand-père et qui s’achève dans les étoiles ».

Ce roman écrit en 2013 ressemble à un émouvant « journal intime ».
Jean d’Ormesson qu’on ne présente plus, y évoque les souvenirs de sa longue vie, depuis sa tendre enfance, en une sorte d’autobiographie, présentant l’histoire de sa famille de façon drôle et attendrie, non dénuée d’objectivité ni de douce dérision.

Son grand-père, maître du domaine de Plessis-Lez-Vaudreuil, a énormément influencé
l’enfant qu’il était et qui portait déjà sur son environnement un regard amusé et critique.
L’auteur nous fait aussi partager ses étonnements, ses doutes, ses amours adolescents, qu’il relate avec bienveillance. Il nous dévoile avec sincérité son parcours personnel et son amour absolu pour son épouse Marie qu’il a attendue patiemment. En effet après un premier mariage raté, elle a partagé sa vie et son amour, sans faille ; leur entente et leur complicité furent complètes et remplies de sérénité.

Tout au long de ce roman construit de 25 courts chapitres comme des rubriques régulières du fil de ses pensées, il s’étonne, sans fausse modestie, de sa réussite littéraire quand il se compare aux grands écrivains qu’il admire et dont il connaît toutes les oeuvres.

Il dépeint son admiration pour les découvertes scientifiques, il nous fait part de ses
profondes réflexions quant à l’articulation de toutes ces connaissances pour les progrès de la vie humaine et la justification de celle-ci dans l’univers.
Il s’extasie sur le bonheur et le plaisir toujours renouvelés au cours de sa propre vie.
Il s’arrête définitivement et sans prosélytisme aucun sur sa conviction de l’existence de
Dieu
« Ce que je voulais te dire, mon amour, depuis le début de ces pages qui sont
écrites pour toi, c’est qu’un jour plus ou moins proche nous serons ensemble tous
les deux, unis à jamais l’un à l’autre, hors de ce temps meurtrier, dans le souvenir et
la lumière de Dieu ».

L’écriture de Jean d’Ormesson, comme sa parole est fluide, agréable, très argumentée et surtout réellement empathique.
Un vrai plaisir de lecture.

Commentaire par ODILE

Oui, je sais: j'écris toujours la même chose", reconnaît-il dès les premières pages de Qu'ai-je donc fait (2008). Voilà donc Jean d'O. tel qu'en lui-même dans ce nouvel opus qui fait suite à C'est une chose étrange à la fin que le monde (2010), titre emprunté à Aragon, précisément au deuxième chant de son poème "Les yeux et la Mémoire". Or le vers suivant n'est autre que: "Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit"... Sacré Jean d'Ormesson, si fidèle à ses inclinations, si soucieux, à 88 ans, d'en garder la saveur et le souvenir qu'il égrène, au gré de courts chapitres introduits à la façon des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand -son auteur culte. Il y est donc question de son enfance bénie au château de Plessis-lez-Vaudreuil, en réalité le château maternel de Saint-Fargeau déjà évoqué dans Au plaisir de Dieu, et de la figure de son grand-père. Il y est question de son amour adolescent pour Marie, qui va lui préférer le fils adoptif de sa tante. Il y est question de ses retrouvailles avec Marie et de leur dolce vita entre l'Italie et la Grèce. Il y est question du big-bang, de Darwin, d'Einstein, de Dieu et des religions, de la beauté et de la vérité, du chagrin, de la joie, du mal aussi; d'arts, de littérature, de philosophie, bien sûr; du sacré et du temps qui passe, du rapport à l'argent et au travail, du monde moderne, de l'allégresse et de l'angoisse de l'écrivain, etc. Bref, rien de neuf, mais qu'importe   Résumé du livre, ETF
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