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Tout le pouvoir aux soviets

Dans ce roman Patrick Besson nous fait remonter le temps depuis la période héroïque des soviets (le Paris de Lénine en 1908) jusqu’au capitalisme de la nouvelle Russie (le Moscou de Poutine en 2015) en passant par l’URSS de Brejnev pour le cinquantième anniversaire d’octobre 1917.

Marc, jeune banquier de 37 ans travaille sur les marchés financiers de l’Est, notamment de Moscou où il rencontre Tania dont il tombe amoureux. De retour en France, il parle avec son père, René, vieux communiste fatigué de 72 ans qui raconte à son tour son séjour en URSS en 1967 lors des célébrations du cinquantième anniversaire de la Révolution d’octobre et sa rencontre avec une autre Tania, la mère de Marc, antisoviétique. René explique aussi avoir fait connaissance avec un apparatchick russe, Vladimir Dodikov, ancien écrivain et qui s’avère être l’arrière-grand-père de Tania (l’amoureuse de Marc). Celui-ci raconte à son tour ses années à Paris au début du siècle aux côtés de Lénine puis les grandes étapes de la vie du père de la Révolution en Russie de 1908 à 1924.

La narration de ces trois personnages n’est pas linéaire, on alterne entre les trois récits à trois époques différente, on s’y perd un peu parfois. On passe de Lénine à Poutine, de Brejnev à Khrouchtchev. C’est aussi une réflexion sur les rapports entre le pouvoir politique et la littérature, les références littéraires sont nombreuses. On croise Maxine Gorki, Boris Pasternak et son « Docteur Jivago », Tchekhov, Proust, Soljenitsyne, Sagan, de nombreuses œuvres.

C’est aussi une critique du communisme, en particulier du régime soviétique et de la complaisance du PCF à son égard. L’auteur dénonce le régime totalitaire de l’ex-URRS mais ce n’est pas une ode au capitalisme dont les travers sont également dénoncés. Trois histoires d’amour se croisent mais c’est un livre où la politique est présente à chaque page. L’auteur comprend parfaitement l’esprit russe et la mentalité de là-bas.

C’est un roman intéressant, plaisant et instructif qui parcourt à toute allure l’histoire de la Russie en y intégrant l’histoire d’une famille paradoxale. Le ton du livre est parfois enjoué avec un humour efficace.

Commentaire par ANNICK

Marc Martouret, jeune banquier né d'une mère russe antisoviétique et d'un père communiste français, porte en lui ces deux personnes énigmatiques dont on découvrira les secrets tout au long du roman qui nous emmène du Paris de Lénine en 1908 au Moscou de Poutine en 2015, ainsi que dans l'URSS de Brejnev pour le cinquantième anniversaire d'octobre 17. L'épopée révolutionnaire, ses héros et ses martyrs, ses exploits et ses crimes, ses nombreuses ambiguïtés, sont ressuscités au fil des pages. Trois histoires d'amour se croiseront et seule la plus improbable d'entre elles réussira. Tout le pouvoir aux soviets est aussi une réflexion, chère à l'auteur, sur les rapports entre le pouvoir politique quel qu'il soit et la littérature. Le titre est de Lénine et on doit la construction aux célèbres poupées russes.   Résumé du livre, ETF
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