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La punition

« Pour avoir manifesté calmement, pacifiquement, pour un peu de démocratie, j'ai été puni. Pendant des mois, je n'ai plus été qu'un matricule, le matricule 10 366. Un jour, alors que je ne m'y attendais plus, j'ai retrouvé la liberté. J'ai pu enfin, comme je le rêvais, aimer, voyager, écrire, publier de nombreux livres. Mais pour écrire La Punition, pour oser revenir à cette histoire, en trouver les mots, il m'aura fallu près de cinquante ans. »

Dans ce récit autobiographique, Tahar Ben Jelloun raconte son emprisonnment pendant dix-neuf mois dans un camp de redressement pour avoir participé à une manifestation étudiante pacifique réprimée dans le sang.

Les faits se sont passés au Maroc, en 1966, sous le règne du roi Hassan II. De 1963 à 1999, les années noires de l’époque d’ Hassan II furent des années de répression, de terreur, pendant lesquelles des jeunes gens disparaissaient, les militaires ayant carte blanche pour rétablir l’ordre par tous les moyens.

Tahar Ben Jelloun fut emprisonné avec 93 autres étudiants dans un camp isolé du monde dont les méthodes s’apparentaient aux camps de concentration nazis : travaux forcés sous une chaleur suffocante sans pouvoir s’hydrater, humiliations à répétition, violences et mauvais traitements, déshumanisation … le tout sous les ordres de soldats analphabètes pour qui les hommes ne devaient pas être des « femmelettes ».

La poésie fut son seul refuge, elle laisse dégager une odeur de liberté. Penser, écrire, créer c’est se libérer et ce qui lui permit de survivre à la pire des punitions. Ce fut aussi le point de départ de sa carrière de poète et d’écrivain.

Un témoignage poignant et puissant écrit avec beaucoup d’émotions .

Commentaire par ANNICK

La punition raconte l'arbitraire, celui des 19 mois de détention, sous le règne de Hassan II, de 94 étudiants, à la suite de manifestations pacifiques dans les rues des grandes villes du Maroc en 1965. Envoyés dans des casernes sous couvert de service militaire, ces jeunes gens se retrouvèrent condamnés à une peine de détention illimitée, encadrés par des gradés dévoués au général Oufkir qui leur firent subir vexations, mauvais traitements, manoeuvres militaires improvisées, sous les prétextes les plus absurdes.   Résumé du livre, ETF
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