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Le Royaume

Ce livre a été une des vedettes de la rentrée littéraire cet automne 2014. On le voyait « Goncourable », mais ces messieurs ne l’ont pas mis sur leur liste !

Il a cependant fait l’objet de toutes les chroniques et critiques, et de toutes les émissions littéraires. Mais il faut dire qu’il difficilement « catalogable » soit par son fond, soit par sa forme. Et de son propre aveu. Sous le titre, on ne lit … rien ! Ni « Essai » ni « Roman » ? Alors ?

C’est un curieux hybride. Comme déjà plusieurs des livres de cet auteur, à la fois élitiste et grand public. Après ses premières parutions « romanesques » : BRAVOURE 1984, LA MOUSTACHE 1986 (porté à l’écran), LA CLASSE DE NEIGE prix Fémina 1993), L’ADVERSAIRE 2000 (porté à l’écran aussi), se dessine une nouvelle tendance : UN ROMAN RUSSE 2007, qui comme D’AUTRES VIES QUE LA MIENNE, sont des livres double. Dans le ROMAN RUSSE, on a l’évocation de l’avant-hier de la vie de son grand-père et d’hier d’une rupture amoureuse. Dans D’AUTRES VIES…, celle du tsunami de 2004 et de l’amitié de deux juges autour des problèmes du surendettement. En outre, il est scénariste ainsi dans la série LES REVENANTS.
Et voilà que le ROYAUME offre, lui aussi, deux pôles qui se répondent. Le premier tourne autour de l’auteur lui-même et raconte comment, après une jeunesse informée mais indifférente, il est confronté à ce qu’on peut familièrement qualifier de « Crise de Foi » - de foi religieuse-, brutale et intense, pendant trois années, qui se termineront par une extinction du volcan qu’il juge définitive Mais comme le héros du film de Pasolini « Théorème », il aura suffisamment approché la fournaise pour raconter son voyage, et pour rendre compte des découvertes qu’il y aurait faites. Il va explorer et exposer les arcanes, du moins une partie : mais ses réflexions ne sont pas une exégèse, seulement, dit-il, une « Enquête » et une méditation ?
Son premier sujet a dû lui être suggéré par sa ressemblance avec son expérience personnelle : la « Révélation », comme celle de St Paul sur le chemin de Damas. Puis, par choix intellectuel avec les autres « écrivains » de la religion chrétienne en particulier, par des affinités qu’il explique avec les évangélistes Jean, et surtout Luc, auteur de son évangile et des Actes des Apôtres ( excellent petit livre d’ailleurs) et « enquêteur » plus que « témoin » et en outre excellent écrivain et peintre.
Il ne faut pas que ces partis-pris de sujet fassent peur. Il y a là une lecture tellement vivante et vivifiante de ces textes autant rabâchés qu’oubliés, que tout lecteur, ou presque, pourra y trouver pâture.
Malraux l’avait prédit, « le XXIe siècle sera religieux, ou ne sera pas », et force est actuellement d’en convenir. Et ce livre en est un écho aussi libre que multiple dont la conclusion est la plus honnête, la plus respectable, la plus humble et la plus élevée, et la plus humaine qui soit :

« JE NE SAIS PAS »

Commentaire par Dominique D.

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